Les sondages nous parviennent chaque jour, et par-delà les coudes à coudes, défaites ou victoires annoncées, l’abstention reste la
grande gagnante de ce scrutin. Près de 63% des français n’iront pas voter le 7 juin prochain, nous annoncent-ils.
Pourquoi ? Les querelles partisanes en lassent plus d’un. Récupération du débat européen au profit de destins et polémiques nationales, caricature de l’Europe, appel
au vote-sanction…
Je ne jouerai pas ce jeu. Ce n’est pas le moment. Concentrons-nous sur l’essentiel.
Je viens ici vous dire autre chose. Vous dire que l’Europe est un projet vital si nous voulons tenir debout face à la crise, face au réchauffement climatique, face aux autres puissances de
ce monde. Un projet vital, mais fragile, que nous devons à tout prix défendre et rénover si nous voulons que l'Europe, et la France avec elle, pèsent sur les grands choix du monde. Voilà bien
l'essentiel.
Pour moi, l’essentiel, c’est le fond. Où va-t-on ? Où doit-on mener ce projet européen ? Comment peut-on faire de l'Europe le bon niveau de réponse face à la crise ? Quel doit être son
nouvel élan ? Comment l'Europe peut-elle agir à nouveau, mieux nous protéger ?
Notre réponse, c'est notre programme, que je défends depuis des semaines, de réunion publique en interviews, de marché en rencontre avec des ouvriers, des agriculteurs, des partenaires sociaux, des
associations, des entrepreneurs.
Ce programme, nous l’avons fait pour fixer des limites, un cadre politique clair. Ca suffit, cette vision d’une Europe sans frontières, d'un vaste espace
économique sans autre politique que celle du libre-échange. Le temps est venu de revenir à des règles fortes, pour un capitalisme régulé ; à des frontières claires, pour une Europe politique , dans
laquelle, non, la Turquie n’a pas sa place.
Ce programme, nous l’avons fait pour proposer des politiques ambitieuses, qui nous protègent vraiment. Le cadre défini, à nous de trouver le cap, et le souffle. Nous voulons une économie
sociale de marché, avec des solidarités et des protections pour les citoyens. Nous voulons davantage de mise en commun de nos moyens, pour une véritable politique industrielle et énergétique
européenne. Nous voulons le retour des grands projets européens : quel sera l’Airbus, l’Ariane, le Galileo de demain ?
Nous l’avons fait pour proposer un nouveau modèle, sur lequel nous nous engagerons ensemble. Nous ne sortirons pas de cette crise comme nous y sommes entrés. C’est ensemble, à 27, que nous
investirons dans de nouveaux moteurs de croissance: énergies renouvelables, biotechnologies, construction durable. Ce ne sont pas de vains mots : ils sont les guides de projets très précis et
opérationnels, que nous voulons porter. Michel BARNIER coordinateur national de la campagne nationale pour
l'UMP.